fragm

cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm (Michel Leiris)

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La saturation, la voix avec Ghérasim Luca

Posted by alfredoriponi su aprile 29, 2012

[…]

le vide vidé de son vide c’est le plein
le vide rempli de son vide c’est le vide
le vide rempli de son plein c’est le vide
le plein vidé de son plein c’est le plein
le plein vidé de son vide c’est le plein
le vide vidé de son plein c’est le vide
le plein rempli de son plein c’est le plein
le plein rempli de son vide c’est le vide
le vide rempli de son vide c’est le plein
le vide vidé de son plein c’est le plein
le plein rempli de son vide c’est le plein
le plein vidé de son vide c’est le vide
le vide rempli de son plein c’est le plein
le plein vidé de son plein c’est le vide
le plein rempli de son plein c’est le vide
le vide vidé de son vide c’est le vide
c’est le plein vide
le plein vide vidé de son plein vide
de son vide vide rempli et vidé
de son vide vide vidé de son plein
en plein vide

La saturation avec Luca est donc le travail de vidage, par le trop-plein, de toute métaphysique du langage ou de la poésie. Ce vidage peut parfois se contenter d’une économie de moyens que j’appellerais une retenue : ce serait précisément le cas avec ce texte qui presque physiquement engage un vertige qui ne peut que nous obliger à nous (re)tenir à ce discours comme désossé entièrement, ou plutôt dénudé dans et par cette mise à nu de toute prétention métaphysique. Une telle activité n’a rien à voir avec un ludisme réductible à un jeu de société où tout discours se verrait d’une certaine façon congédié pour faire place à un nihilisme langagier laissant le champ libre au cynisme et donc dépolitisant et déresponsabilisant tout discours et d’abord la poésie et la littérature. Ici, le discours de la philosophie et le discours de la poésie dans leur version aphoristique fort prisée dans l’après-catastrophe de 1945, se voient congédiés. Il ne s’agit pas plus d’une phénoménologie linguistique qui laisserait à un hyper-sujet, la langue, le soin de réanimer la métaphysique ou même l’absence de métaphysique. Ici, le poème ne réanime ni ne fait apparaître la langue puisqu’il ouvre par la saturation à une transformation radicalement historique : opposer l’activité relationnelle du poème et donc l’invention de relations dans et par le langage aux discours d’autorité quels qu’ils soient.

La saturazione in Luca è dunque un lavoro di svuotamento, attraverso l’eccesso (il troppo-pieno), di ogni metafisica del linguaggio o della poesia. Questo svuotamento può accontentarsi di un’economia di mezzi che chiamerei “misura”: è proprio il caso di questo testo che genera una vertigine quasi fisica, e ci obbliga ad “at-tenerci” a questo discorso scarnificato, reso spoglio dalla messa a nudo di ogni pretesa metafisica. Quest’attività non ha nulla di ludico, non è riducibile ad un gioco di società, dove ogni discorso sarebbe in certo qual modo destituito per far posto ad un nichilismo linguistico che lascerebbe campo libero al cinismo e dunque spoliticizzando e deresponsabilizzando ogni discorso e prima di tutto la poesia e la letteratura. Qui, il discorso filosofico e il discorso poetico sono liquidati nella loro versione aforistica ancorata alla catastrofe post-bellica del 1945. Non si tratta nemmeno più di una fenomenologia linguistica che lascerebbe ad un iper-soggetto, la lingua, il compito di rianimare la metafisica o l’assenza di metafisica. Qui, la poesia non rianima né fa apparire la lingua poiché apre attraverso la saturazione ad una trasformazione storica radicale: opporre l’attività relazionale della poesia e dunque l’invenzione di relazioni per mezzo del linguaggio ad ogni tipo di discorso di potere.

Serge Martin

Estratto dalla : « conférence-performance donnée au Centre de Documentation de la Musique Contemporaine (Paris) le 6 avril 2010 dans le cadre des mardis de la saturation organisés par Denis Laborde (CNRS et EHESS):
http://www.cdmc.asso.fr/en/ressources/conferences/enregistrements/voix_saturee_dans_poesie_gherasim_luca_serge_martin

http://martinritman.blogspot.it/search/label/Luca%20Gh%C3%A9rasim

(trad. alfredo riponi)

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Jean-Pierre Duprey – La Fin et la Manière

Posted by alfredoriponi su aprile 24, 2012

«I poemi che compongono “La Fin et la Manière” sono stati scritti come un testamento». Narrando dei suoi incontri con J. P. Duprey nell’ospedale psichiatrico dov’era stato rinchiuso, Alain Jouffroy scrive: «Uccidendo il dialogo, preservava l’apparizione della Vita. Al di là delle parole, tutto diventava meravigliosamente incandescente, fosforescente».
S’interroga Jouffroy, se J. P. Duprey abbia alla fine ceduto alla disperazione, in quel “dramma mentale” che è “La Fin et la Manière”. «La disperazione è considerata anormale nel mondo normale in cui viviamo. Il poeta non cede alla disperazione, ma assume su di sé la propria disperazione, oggettivandola nell’autenticità delle sue visioni, ratifica col suo sangue la veracità di un’esperienza dell’impossibile… . La poesia che coincide con l’esperienza vissuta è l’autenticità assoluta».

Cfr. Alain Jouffroy, Lettre rouge, prefazione a La Fin et la Manière, le Soleil Noir, Paris 1965

 

Notizia biobibliografica su Jean-Pierre Duprey :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Duprey

 

*

 

LA FIN ET LA MANIÈRE

I. QUI DIRAIT

MOUVEMENT

Mouvement plié au corps de la vie
Dehors, la nuit neigée à l’étendue
Dedans, le mort qui n’attend plus
Qu’un seul battement d’aile
Dont l’endroit
Est encore ombre de l’envers.

Et cet endroit est cet envers
Passé à travers cet endroit.

Mouvement sans poids sur les mains
Dont le dos
S’applique aux vitres sans mesure.
Lentement, peinant de quatre membres d’air.
D’air engourdi,
Passé comme à la lenteur des murs,
Le mort appuie l’ouvert de sa tête.

*

MOVIMENTO

Movimento piegato al corpo della vita
Fuori, la notte innevata
Dentro, il morto che aspetta
Solo un battito d’ala
Il diritto
È anche il rovescio dell’ombra.

Questo diritto è questo rovescio
Passato attraverso questo diritto.

Movimento senza peso sulle mani
Il dorso
Preme sui vetri oltre misura.
Lentamente, affaticato da quattro giunture d’aria.
D’aria intorpidita,
Passato lentamente lungo i muri,
Il morto preme l’aperto della sua testa.

*

QUI DIRAIT

Croisement de l’œil avec la nuit
Fermée bout à bout
Sur le cerveau, comme qui dirait
Cerceau, comme qui dirait
Le saut en rien.

C’est une bouée qu’imagine
La nuit,
De blanc fer imaginaire,
Etale, comme qui dirait
Pétale, comme qui dirait
Spectrale devant un cri.

Or le cri devenu bouche
C’est un cerceau, nul doute,
C’est un cerceau
Fermé, dirait le rouge fer.
C’est moi qui serre, comme qui dirait
Et je saute, comme qui dirait,
Bouée de sang au bout
A bout de l’ombre courbe,
A bout de souffle sur son cri.

Or le cri devenu chair,
C’est cela, comme qui dirait
C’est bien cela, comme qui dirait…

*

COME DIRE

Incrociarsi dell’occhio con la notte
Chiusa da un’estremità all’altra
Sul cervello, come dire
In cerchio, come dire
Salto nel nulla.

È la notte che immagina
Una boa,
Di ferro bianco immaginario,
Ferma, come dire
Petalo, come dire
Spettrale davanti a un grido.

Ora il grido diventato bocca
È un cerchio, non c’è dubbio,
È un cerchio
Chiuso, direbbe il ferro rovente.
Sono io che stringo, come dire
Salto, come dire,
Boa di sangue laggiù
Al limite dell’ombra curva,
Senza fiato nel grido.

Ora il grido diventato carne,
È questo, come dire
È proprio questo, come dire…

*

IV. FOI, LES CHOSES

APRÈS

Après la trace, vient la distance.
Ce que rêve l’autre, ce que rêve l’un,
L’un dans l’autre se sont compris.
Il n’est pas de lumière
Sans feu pour finir.
Commencée de fumée,
Ainsi se fait la forme,
Sans fait d’avenir.

*

DOPO

Dopo la traccia, la distanza.
Sogno dell’uno, e dell’altro,
L’uno nell’altro si è compreso.
Non c’è luce
Che finisca senza fuoco.
Segnalata dal fumo,
Così prende forma,
Senza presa sul futuro.

(Jean-Pierre Duprey, Derrière son double, Poésie / Gallimard 1999, Christian Bourgois Éditeur 1990)

(tra. a. riponi)

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Ghérasim Luca / 1977

Posted by alfredoriponi su aprile 14, 2012

« En tant que mot lancé dans l’espace, je ne sens pas le besoin de le décrypter et de le justifier même si je peux jeter des lumières sur son apparition. La façon dont je vois et je sens que si je parle de ce poème, je l’appauvris. Pour moi c’est une tentative de prononcer un mot et si on prononce un mot avec son corps, si on prononce viscéralement au lieu de le prononcer uniquement au bout des lèvres dans une fonction du mot, dans une phrase en fin où il a une fonction subalterne finalement parce qu’il est là pour servir à formuler une pensée, une idée. Or ce mot est lissé dans son existence matérielle et le passage d’une syllabe à l’autre ouvre des labyrinthes enfin, je suis persuadé que si on prononce vraiment un mot, on dit le monde, on dit tous les mots. Si on essaye de faire corps avec le mot alors on fait corps avec le monde et on sert tout son pouvoir d’explosion et le mot est une vibration solidifiée finalement, il est dans un état d’esclavage par définition parce qu’il est cristallisé dans un concept. Mais si on le sort de sa forme et de sa condition de mot, sa condition limitée à ce qu’il est enfin, le mot est comme un être, enfin, qui est enfermé dans sa condition humaine et qui est ce qu’il est. » (Ghérasim Luca, 1977).

“In quanto parola lanciata nello spazio, non sento il bisogno di decifrarla e di giustificarla, anche se posso gettare una luce sulla sua comparsa. Immagino e intuisco che se parlo di una poesia, l’impoverisco. Per me è solo il tentativo di pronunciare una parola, se si pronuncia una parola col proprio corpo, se la si pronuncia visceralmente, invece di pronunciarla soltanto a fior di labbra nella funzione che ha la parola, ovvero in una frase dove ha soltanto una funzione subalterna, perché lì serve a formulare un pensiero, un’idea. Ora, questa parola è levigata nella sua esistenza materiale e il passaggio da una sillaba all’altra apre dei labirinti; sono persuaso che se si pronuncia veramente una parola, si dice il mondo, si dice tutte le parole. Se si prova a fare allora corpo con la parola si fa corpo col mondo, si usa tutto il suo potere dirompente e la parola è una davvero una vibrazione solidificata; è, per definizione, in uno stato di schiavitù se è cristallizzata in un concetto. Ma se la si porta fuori dalla sua forma e dalla sua condizione di parola, la sua condizione limitata solo a ciò che è, la parola è come un essere, racchiusa infine nella condizione umana ed è ciò che è. (tr. alfredo riponi)

 

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Pierre Jean Jouve – Fin du monde

Posted by alfredoriponi su aprile 7, 2012

Le poète a toujours
au cœur d’immenses murs
couverts de signes
quand les villes partout
voient crouler leur amour
sous toi dispensateur

de déserts. Il verra
s’effacer tous les signes
Tu ne veux à ces murs
que la légère odeur
du vide et la douleur
qui sépare à jamais
être néant et signe.

*

Dentro sé il poeta ha sempre
muri immensi
coperti di segni
mentre le città dovunque
vedono crollare il loro amore
sotto il tuo potere dispensatore

di deserti. Vedrà
cancellarsi ogni segno
Tu non vuoi di questi muri
che il leggero odore
del vuoto e il dolore
che separa per sempre
essere nulla e segno.

 (tr. di Alfredo Riponi e Rita R. Florit)

*

Queste mura interiori del poeta, coperte di segni che poi si cancellano, perché “Tu” (Dio?) vuole solo conservare di queste mura l’odore del vuoto, “l’odore dell’argine negli occhi”…, c’è questo iato tra essere, nulla e segno, odore del vuoto, dolore della separazione tra segno e senso. Ci sono i riferimenti biblici al crollo delle mura di Gerico e Gerusalemme, questa visione apocalittica da “fine del mondo”. Il crollo delle mura delle città è quello del culto che viene loro reso. Della “Nuova Gerusalemme” descritta nell’Apocalisse è detto che “le sue porte non verranno mai chiuse; resteranno aperte tutto il giorno, e non ci sarà mai notte”. Il poeta si rivolge a Dio e il suo è un dio biblico, più ebraico che cristiano, un dispensatore di deserti che ricorda l’Adonai, signore degli eserciti, un dio guerriero che schiaccia i suoi nemici e distrugge le città, metafora anche della Guerra che è stata un fantasma potente per Jouve, questa poesia è del ’47, gli echi della guerra non sono del tutto spenti ….

(a.r – r.r.f.)

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Thomas Bernhard – Dans les hauteurs

Posted by alfredoriponi su aprile 5, 2012

 

soleil mort, anges morts au-dessus des villes mortes,
savoir mort de ma folie morte, mais on ne peut pas exister en permanence dans cette tristesse, dis-je, cela ne va pas,
soudain : les formes noires qui se colorent derrière les troncs d’arbres, derrière le mur, derrière mon visage,

 

derrière les fenêtres : Virgile, Dante, Byron : tes concepts sont insuffisants : quelle sorte de tombeaux ?, quelle sorte de phrase importante est celle-ci : « le spiritus vitae est un esprit qui habite tous les membres du corps, quel que soit le nom qu’on leur donne : et il est, en tous semblablement, le seul esprit, la seule force, dans l’un comme dans l’autre : et il est la graine suprême de vie dont vivent tous les membres »,

 

(Thomas Bernhard, Dans les hauteurs, Gallimard 1991, p. 74, p. 80)

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