fragm

cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm (Michel Leiris)

  • Commenti recenti

  • Classifica Articoli e Pagine

  • Articoli recenti

  • Archivi

  • Categorie

  • Meta

  • Blog Stats

    • 24.945 hits
  • Maggio: 2022
    L M M G V S D
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Pagine

Archive for the ‘gracq’ Category

Un beau ténébreux / Gracq

Posted by alfredoriponi su gennaio 2, 2013

 

« Peut-être ai-je tort de me le dire – dire ses pensées c’est toujours un peu prononcer un vœu – mais je suis destinée, je crois, à saccager ma vie. Je me soucie trop peu de ce qui ne compte pas. C’est comme si je rejetais le néant au néant avec une espèce de rage. ‘Que le temps perdu soit au moins perdu. Que ce qui fut vide au moins ne puisse en aucun cas être tourné à profit.’ C’est mon genre de noblesse. Combien je donnerais pour flotter endormie, au-dessus des espaces d’ennui qu’on traverse à vivre, tous ces moments où la pensée ne vous quitte jamais qu’on pourrait être ailleurs. »

[Julien Gracq, Un beau ténébreux, José Corti 1945]

Posted in gracq | 2 Comments »

JULIEN GRACQ – Au CHATEAU D’ARGOL

Posted by alfredoriponi su giugno 6, 2012

– il cherchait l’angle d’incidence unique sous lequel le tympan, dépourvu de sa puissance d’arrêt et de diffusion, se ferait perméable comme le pur cristal et convertirait le corps de chair et de sang en une sorte de prisme à réflexion totale où le son s’accumulât au lieu de le traverser et irriguât le cœur avec la même liberté que le milieu sanguin, rendant ainsi au mot profané d’extase sa véritable signification. Une vibration sonore de plus en plus concentrée paraissait le signe extérieur de la sombre ardeur de cette recherche, et se posait sur toute chose en foisonnant à profusion comme un essaim soudain disloqué. Enfin une note tenue avec une constance merveilleuse éclata dans une inouïe splendeur et, prenant appui sur elle comme sur une plage sonore, s’éleva une phrase d’une indicible beauté. […]. Et la fin du souffle qui se retirait de la poitrine à mesure qu’il s’élevait vers des hauteurs incroyables laissa derrière lui monter dans le corps entièrement vacant le flux salubre d’une mer libre et légère comme la nuit.

[Julien Gracq, Au Château D’argol, Librairie José Corti, 1938, pp. 112-113]

 

– cercava l’angolo di incidenza unico sotto cui il timpano, privo del suo potere di arresto e di diffusione, diventerebbe permeabile come il puro cristallo e convertirebbe il corpo di carne e di sangue in una sorta di prisma a riflessione totale dove il suono si accumulasse invece di attraversarlo e irrigasse il cuore con la stessa libertà del mezzo sanguigno, rendendo così alla parola profanata estasi il suo vero significato. Una vibrazione sonora sempre più concentrata sembrava il segno esteriore dell’oscuro ardore di questa ricerca e si posava su ogni cosa moltiplicandosi a profusione come uno sciame improvvisamente disperso. Infine, una nota tenuta con una costanza meravigliosa esplose in un inaudito splendore e, prendendo appoggio su se stessa come su una spiaggia sonora, si innalzò una frase di indicibile bellezza. […]. E la fine del respiro che fuoriusciva dal petto via via che si innalzava verso altitudini incredibili lasciò salire dietro sé nel corpo interamente vacante il flusso salubre di un mare libero e leggero come la notte.

 

tr. alfredo riponi

Posted in gracq | Leave a Comment »

GRACQ / CRITICO LETTERARIO

Posted by alfredoriponi su giugno 26, 2010

Critique littéraire

Ce que je souhaite d’un critique littéraire et il ne me le donne qu’assez rarement c’est qu’il me dise à propos d’un livre, mieux que je ne pourrais le faire moi-même, d’où vient que la lecture m’en dispense un plaisir qui ne se prête à aucune substitution. Vous ne me parlez que de ce qui ne lui est pas exclusif, et ce qu’il a d’exclusif est tout ce qui compte pour moi. Un livre qui m’a séduit est comme une femme qui me fait tomber sous le charme : au diable ses ancêtres, son lieu de naissance, son milieu, ses relations, son éducation, ses amies d’enfance ! Ce que j’attends seulement de votre entretien critique, c’est l’inflexion de voix juste qui me fera sentir que vous êtes amoureux, et amoureux de la même manière que moi : je n’ai besoin que de la confirmation et de l’orgueil que procure à l’amoureux l’amour parallèle et lucide d’un tiers bien disant. Et quant à l'” apport ” du livre à la littérature, à 1’enrichissement qu’il est censé m’apporter, sachez que j’épouse même sans dot.
Quelle bouffonnerie, au fond, et quelle imposture, que le métier de critique : un expert en objets aimés ! Car après tout, si la littérature n’est pas pour le lecteur un répertoire de femmes fatales, et de créatures de perdition, elle ne vaut pas qu’on s’en occupe.

Critico letterario

Ciò che mi aspetto da un critico letterario, e che egli solo raramente mi da, è che mi dica a proposito di un libro, meglio di quanto possa fare io stesso, da dove viene il fatto che la lettura mi dispensa un piacere non scambiabile. Mi parlate soltanto di ciò che non è esclusività della lettura, mentre ciò che ha di esclusivo è tutto ciò che conta per me. Un libro che mi ha sedotto è come una donna di cui subisco il fascino: al diavolo i suoi antenati, il suo luogo di nascita, la sua estrazione sociale, le sue relazioni, la sua educazione, le sue amiche d’infanzia! Ciò che mi aspetto da un’analisi critica, è la giusta inflessione di voce che mi farà capire che siete innamorati, e innamorati come lo sono io: non ho bisogno della conferma e dell’orgoglio che procura all’innamorato l’amore parallelo e razionale di un terzo ben parlante. Quanto all’ “apporto” del libro alla letteratura, all’arricchimento che è supposto darmi, sappiate che mi sposo anche senza dote.
Che buffonaggine, in fondo, e che impostura, il mestiere di critico: un esperto in oggetti amati! Perché, dopo tutto, se la letteratura non è per il lettore un repertorio di donne fatali, e di creature di perdizione, non ha senso occuparsene.

[Julien Gracq, En lisant en écrivant, Éditions José Corti]

Posted in gracq | 1 Comment »

Gracq / « Autour des septs collines »

Posted by alfredoriponi su novembre 11, 2007

 

L’Aventin

J’aurais aimé avoir le temps de retourné sur l’Aventin, d’y flâner longuement, d’explorer ses rues une à une, en prenant pour point de départ la magique petite place de Piranèse, et le portail de son prieuré de Malte au trou de serrure emblématique en forme d’oeil. Quartier secret et vert, aéré, plein de silence, où il semble toujours en effet qu’un oeil vous suive sans qu’on le voie au long des rues feuillues, et qui paraît défendu plus que les autres contre le promeneur. C’est derrière les murs qui enclosent la rue Sainte-Sabine, et qui doivent cacher les jardins de couvents, autour de Saint-Alexis, que j’aurais cherché les mystères de Rome, qui par nature n’en a pas tant puisque (le Vatican bien sûr mis à part) tous ses viscères nobles mis à l’air, elle est la seule ville au monde qui ressemble à une autopsie.

[Julien Gracq, Autour des septs collines, Josè Corti]

Posted in gracq, letteratura - articoli, roma | 14 Comments »

Gracq / Autour des septs collines

Posted by alfredoriponi su novembre 9, 2007

L’ église, omniprésente à Rome …

Reposoirs d’art, à dominante mystique, mais plus d’une fois aussi marqués d’une forte coloration sensuelle et même érotique, comme à Santa Maria della Vittoria, elles donnent le sentiment à Rome – depuis les mosaïques frigides et roides des anciennes basiliques jusqu’aux boudoirs du Bernin et de Borromini – de s’être, par un mouvement lent et irrésistible, ouverte peu  à peu, toute portes battantes, aux rêves quotidien qui montent de la rue comme aux caprices changeant du désir et de l’immagination.

 

[Julien Gracq, Autour des septs collines, José Corti]

Posted in gracq, letteratura - articoli, roma | Leave a Comment »